Glorious exit - Kevin Merz Dans la résurgence d’un passé qu’il croyait enterré, un homme doit faire face à l’urgence d’un deuil au cœur du Nigeria. Soudain les repères identitaires se brouillent, les funérailles attisent les rancœurs claniques, et pourtant Glorious Exit prend le parti de la comédie humaniste pour désamorcer le drame familial. A partir du canevas de l’improbable filiation, Kevin Merz déploie un petit bijou de narration épique au plaisir communicatif, dans une grande opération de rabibochage collectif. Cadavre exquis
O Lar - Antonio Borges Correia En proposant une plongée en apnée dans l’ordinaire d’un lieu de fin de vie au beau milieu de la campagne portugaise, O Lar, le foyer, ne s’affichait pas, à priori, comme une partie de plaisir. Pourtant, à travers une galerie de portraits tirés à la corde d’une empathie tout en sensibilité, un petit miracle de tranche de vie émane d’entre les murs. Conjuguant une mise en scène à la pudeur rigoureuse et un certain sens du théâtre de l’intime, Antonio Borges Correia tient son cadre pour porter tout au fond des cœurs un petit précis où l’humour et l’humanité balaient la perspective latente du mouroir et de l’oubli. Tragi-comédie gériatrique
Querida Mara, cartas de un viaje por la Patagonia - Carlos Echeverria Qu’on se s’y trompe pas. Les paysages de cartes postales enneigés qui illuminent Querida Mara ne flattent l’oeil du spectateur que pour mieux le saisir lorsque s’imprime sur la pellicule une réalité sociale qu’on souhaiterait d’un autre temps. Magnifique chronique d’une poignée de travailleurs Mapuches soumis au joug de l’exploitation, le film de Carlos Echeverria vaut aussi et surtout par les détours silencieux de l’intime qu’il emprunte pour mieux faire jaillir, in fine, une force de vie salutaire. Espaces de confidence pour résistance identitaire
Fronterismo - Sofie Benoot Dans l’obsession sécuritaire d’une Amérique paranoïaque, Fronterismo ausculte les conséquences de la fermeture administrative de la frontière mexicaine. Territoires à l’abandon, misère humaine, résurgence du crime, la réalisatrice cadre au plus juste les dérives induites par une idéologie absurde. Au cours d’une déambulation où le formalisme de la mise en scène agit comme une dénonciation empreinte de nostalgie, Sofie Benoot se heurte au mur de l’absurdité rationaliste d’une frontière à la fois imaginaire et omniprésente. Cadrage sécuritaire caduque
Holunderblüte - Volker Koepp Sans discussion possible, Holunderblüte remporte haut la main le grand prix du 30ème festival Cinéma du Réel de Paris. L’allemand Volker Koepp relègue la concurrence loin derrière en proposant un bijou de cinéma documentaire faisant la part belle à l’utopie enfantine dans les tréfonds de la Russie européenne. Soit un film dont le regard se confond avec celui d’une enfance certes livrée à elle-même mais irradiant d’une fraîcheur tout élégiaque un quotidien déserté par des adultes fantômes, au sein d’une nature sauvage et paradisiaque. Convoquant une esthétique du ravissement, le réalisateur s’appuie sur une mise en scène de la symbiose pour mieux conjurer les démons de la civilisation occidentale par la corde de l’innocence et du rire. Les enfants du paradis
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