Les trois singes - Nuri Bilge Ceylan Premier grand choc de l’année 2009, Les trois singes s’affirme d’emblée comme la quintessence d’un cinéma esthétique et sensoriel où l’âpreté du propos et la maîtrise formelle du virtuose Ceylan atteint des sommets. Combinaison habile entre mélodrame populaire et polar aphasique, le film part d’un scénario minimal - le mari, sa femme, son amant - pour mieux travailler le cadre à l’épure et traquer la lente désagrégation des corps et des consciences face à faute originelle. Chef d’œuvre. Esthétique tellurique de l’implosion familiale
Frozen River - Helen Hunt Tout boursouflé dans sa ribambelle de labels qui convoquent dans le même temps Tarantino et le festival de Sundance, Frozen River renvoie les préjugés frileux à leur gangue pour s’affirmer comme un polar mélodramatique à fort potentiel anxiogène dans la veine du meilleur cinéma indépendant américain. Jouant volontiers avec le feu de la corde sensible, Helen Hunt maintient le cap d’un film à l’efficacité redoutable où le regard social acéré et l’empathie contagieuse se doublent d’une mise en scène à la maîtrise formelle salutaire pour mieux ouvrir sur un possible dégel des crispations identitaires au fin fond de l’Amérique des trailer parks. L’amer de glace dans un océan lacrymal
La vie moderne - Raymond Depardon Dernier volet de haute volée pour clore une trilogie sur le quotidien des paysans de moyenne montagne, La vie moderne offre au spectateur un témoignage crépusculaire à la rigueur formelle obstinée et à la générosité exceptionnelle. Dans un documentaire où la fiction œuvre à chaque recoin de cuisine, le cinéaste s’offre un beau bouquet final en guise de reconstruction identitaire et marque d’une pierre blanche le territoire en friche d’un monde sur le déclin. Terre sans pain
Dernier maquis - Rabah Ameur-Zaïmeche A rebrousse-poil de Bled Number One, Rabah Ameur-Zaïmeche se tient de part et d’autre de la caméra pour tenter de définir dans un grand écart périlleux une certaine éthique capitaliste de l’islam. Au diapason d’une mise en scène qui se radicalise, Dernier maquis sulfate l’image d’un rouge total, trace des lignes de fuite à la géométrie rigoriste pour finalement décréter un embryon d’état d’urgence face à l’exploitation des corps et la manipulation des esprits. Les sourates de la discorde
Section enfants sauvages - Laurence Doumic, Eric Tachin Prototype de film estampillé Éducation Nationale, Section enfants sauvages échappe pourtant brillamment au syndrome de la bien-pensance. En plongée parfois périlleuse dans un tourbillon socio-théâtral vertigineux, le film fait avant tout la part belle à la danse des corps, à la parole débridée. En composant une sorte de panoptique omniscient, les réalisateurs conjuguent lucidité du regard et empathie contagieuse pour mieux affirmer que dans le 9-3, on brûle parfois mieux les planches que les voitures. Coup(s) de théâtre à La Courneuve
/B_article_principal> Articles récents Entre les murs - Laurent Cantet. Palme d’Or Cannes 2008 Gomorra - Matteo Garrone Glorious exit - Kevin Merz O Lar - Antonio Borges Correia Querida Mara, cartas de un viaje por la Patagonia - Carlos Echeverria Fronterismo - Sofie Benoot Holunderblüte - Volker Koepp
© 2005-2007 peauneuve.net - plan du site - liens - nous contacter - haut de page